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Sommaire
Entre héritage soviétique et regard tourné vers l’Occident, la Lituanie, jeune pays indépendant seulement depuis 1991, est comme sa capitale : tout en beauté et en contrastes. Vilnius, ville marquée par l’Histoire, offre un visage éclectique aux touristes curieux qui osent la visiter.
Découvrez la moins connue des capitales baltes, mais sans doute la plus fascinante, au travers un itinéraire détaillé et mes impressions globales pour vivre au mieux votre expérience lituanienne.
La première chose à faire à Vilnius est de découvrir la rue principale de la ville, l’avenue Gediminas, qui traverse la capitale lituanienne d’ouest en est. Rectiligne et longue de près de deux kilomètres, cette avenue en pavé abrite de nombreuses boutiques de luxe, des magasins, des restaurants, l’académie de musique, l’opéra national, le musée du KGB, le théâtre national d’art dramatique et deux grands squares (le Lukiskès et le Vincas Kudirka).
Levez les yeux et profitez de l’architecture si particulière du centre-ville. Cette rue est un bijou et une curiosité à elle seule.
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L’avenue Gediminas part du pont de Zverynas et s’arrête devant la cathédrale de Vilnius. Je vous conseille d’ailleurs de suivre cette direction et de descendre la rue vers l’est. Les touristes sont répartis un peu partout dans la ville, mais s’il y a bien un moment où tout le monde converge dans la même direction, c’est à cet instant.
Au cœur du centre-ville, la cathédrale de Vilnius est le monument le plus visité de la ville. La cathédrale néoclassique d’un blanc immaculé est un incontournable de Vilnius. Construite en 1769, son splendide portique à fronton triangulaire est décoré d’un bas-relief qui représente le sacrifice de Noé, et des statues de sainte Hélène, de saint Casimir et de saint Stanislas.
La cathédrale se visite gratuitement, en même temps que son imposant beffroi, qui est lui payant (6 euros par personne). Prenez le temps d’explorer les recoins de cette immense place et de découvrir le Palais du Grand-Duc de Lituanie, un musée d’histoire et d’art passionnant, qui jouxte la cathédrale.
Non loin de la cathédrale, en remontant vers le nord, en direction du fleuve, vous apercevrez peut-être au loin la tour de Gediminas. Symbole de la Vilnius, cette tour octogonale de 48 mètres de haut trône fièrement au sommet de la ville. Cette tour, construite en 1409, est l’unique partie restante de ce qu’était autrefois le château de Vilnius. Elle abrite désormais une exposition permanente des découvertes archéologiques de la colline.
L’ascension est rapide est peu exigeante (si jamais, il existe un funiculaire payant) et le point de vue au sommet est époustouflant sur une grande partie de la ville : le centre-ville, le fleuve, le quartier des affaires et la vieille ville.

La Néris est située à quelques mètres du pied de la colline. Ses quais, des deux côtés de la rive, sont bien entretenus et offrent des paysages spectaculaires tantôt sur le centre-ville, tantôt sur le nouveau quartier des affaires.
Ce quartier des affaires tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Il a un côté drôlement anachronique et pourtant si moderne. Pas de doute, il fait très soviétique. La promenade pédestre, à vélo ou en trottinette sur ces quais est agréable. On y croise beaucoup de gens en balade, en train de pratiquer du sport (j’y ai même vu des parties de beach-volley !), de profiter des larges étendues d’herbe ou de boire en terrasse. On y ressent l’atmosphère chaleureuse et la douceur de vie de la capitale lituanienne.
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Le centre historique est une merveille classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est ce que j’appelle un « quartier musée » puisqu’il n’y a pas de monuments à visiter à proprement parler, mais un entrelacs labyrinthique de petites rues charmantes et atypiques.
La rue la plus iconique de la vieille ville de Vilnius est aussi la plus ancienne, c’est la rue Pilies. Cette rue en pavée part de la place de la cathédrale et monte jusqu’à l’université de Vilnius. C’est le lieu idéal pour profiter de l’atmosphère de la ville, des restaurants locaux et des commerces environnants. Plus globalement, tout la vieille-ville mérite l'exploration.
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Vilnius ne serait pas Vilnius sans sa quantité phénoménale d’églises. Je crois que je n’en ai jamais vu autant au mètre carré. Il y en a de toutes les sortes et pour toutes les confessions (gothique, orthodoxe, baroque, catholique, etc.), ce qui témoigne de la richesse culturelle de la ville.


La plus connue et la plus belle est sans doute l’église Sainte-Anne. La vue extérieure est saisissante, avec son style gothique flamboyant et ses briques rouges. Sa visite est gratuite. Je ne la recommande pas forcément, puisque l’intérieur est assez quelconque, mais elle mérite un coup d’œil. Légèrement à l’écart des rues touristiques de la vieille ville, l’église Sainte-Anne reste un must see de Vilnius.

Juste derrière l’église Sainte-Anne se trouve le Jardin Bernardine. Ce grand parc est le plus beau de Vilnius et mérite un crochet. Au printemps, toutes les allées sont en fleurs et c’est ultra agréable pour flâner une glace à la main. Un véritable havre de paix et de verdure à deux pas du centre-ville.
La vieille ville en elle-même est une curiosité. Nous y avons passé la journée. À chaque rue pavée, il y a un commerce, une place pleine de caractère, une église, une étrangeté architecturale et une envie de s’arrêter. Vilnius fait partie de ce que j’appelle des villes d’ambiance, un peu comme Ljubljana par exemple, c’est-à-dire qu’on a pas besoin de faire des choses pour passer de bons moments et être satisfait de sa visite.
Les dernières curiosités de la vieille ville se cachent dans la partie supérieure. La place de l’Ancien Hôtel de ville dénote par sa forme triangulaire et est un haut lieu de manifestations culturelles. Lorsque les beaux jours arrivent, les festivals de musique, d’art et de théâtre envahissent cette place et les rues environnantes. Un peu plus loin, la Porte de l’Aurore, délimite les frontières de la vieille ville est un lieu de pèlerinage. Enfin, en redescendant par un autre chemin, vous pourriez apercevoir le gigantesque Bastion du mur de défense de Vilnius : une immense structure à forte connotation historique, qui a été rénovée puis transformée en musée.
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Notre dernier jour à Vilnius a été marqué par la découverte des quartiers de l’est de la capitale, dont la République d’Uzupis. Quartier bohème et alternatif, Uzupis est le lieu des artistes et des indépendants. Ces rues témoignent d’une riche histoire : les habitants, à majorité juive, ont été fortement touchés par l’Holocauste ; puis les Soviétiques ont marginalisé ce quartier du reste de Vilnius.
Uzupis n’est pas une véritable république, c’est tout au plus une micronation. C’était plutôt une réponse humoristique des habitants, à la suite de l’indépendance lituanienne. Le nom est resté. Ce quartier mérite le détour pour son ambiance décalée. Si vous vous baladez dans ces rues, recherchez l’Ange d’Uzupis, le symbole qui veille sur le quartier.
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Jouxté à Uzupis se trouve le nouveau quartier industriel de Paupys. Entre la petite rivière, la végétation et la faible densité d’habitants, loin des rues touristiques du centre-ville ou de la vieille ville, il y flotte une impression de petite ville provinciale. Pourtant, nous ne sommes qu’à une grosse quinzaine de minutes de marche de l’église Sainte-Anne et à vingt des fortes affluences (rue Pilies, place de la cathédrale) de la capitale.
Paupys est à l’image des nouveaux quartiers des villes modernes : neuf, assez artificiel, écologique, avec une population jeune. Ce qui change, c’est qu’il s’en dégage un charme certain à la visite et une âme. La partie supérieure du quartier donne une impression de village Disneyland, Mickey en moins et la magie en plus. Une harmonie entre nature et urbanisme.
La Vilnia ruissèle au milieu du quartier, ce qui donne du cachet et amène de la nature au cœur de la ville. Le confort des maisons et des appartements neufs, les bureaux qui apportent du dynamisme, les commodités, les espaces naturels, le calme et la verdure caractérisent ce quartier prisé des jeunes familles. L'architecture moderne se marie bien avec les méandres de la Vilnia et les vieux arbres environnants. Ce quartier est une forme d’utopie, mais une utopie réussie. Au moins pour le moment.
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En longeant la Vilnia et en remontant vers le centre-ville, nous nous sommes engagés au cœur de la forêt. Oui, il y a une forêt en plein Vilnius. La zone n’est pas du tout touristique, vous n’y croiserez pas grand monde, mais elle n’est pas dénuée d’intérêt. Après un petit d’effort, le sommet du bois est atteint et nous tombons sur un monument en apparence étrange : une grosse structure blanche en béton représentant trois croix.
Le site des Trois Croix a une longue histoire entre sa première apparition en 1636, les nombreuses destructions puis la version finale en 1989, qui commémorent les victimes de la déportation massive en 1941 et du régime de Staline qui a suivi.

La splendide vue panoramique qu’offre ce lieu sur une grosse partie de la ville contraste avec le calme et le silence de ce site de mémoire. Les rares touristes qui ont fait l’effort de grimper sur cette colline de 112 mètres d’altitude témoignent de leur respect envers ce lieu un peu reculé mais si important pour les habitants de Vilnius.
Encore une église ? Oui. En redescendant de la colline des Trois Croix, nous ne sommes pas repartis vers la gauche et le centre-ville, mais vers la droite. À 200 mètres de là, presque à même la route, se trouve l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
D’extérieur, cette église baroque ne paie pas de mine, malgré sa façade massive rouge et jaune. En revanche, l’intérieur est somptueux. Pour moi le plus bel intérieur de toutes les églises de Vilnius. L’architecture baroque tout en stuc blanc immaculé, des sculptures aux ornements, donne du cachet à cette église et la rend unique. L’avantage aussi, c’est que vous n’y verrez presque aucun touriste.

Comme vous l’aurez sans doute compris à la lecture de cet article et du vocabulaire employé, j’ai adoré Vilnius. C’est une ville dans laquelle on s’y sent bien dès notre arrivée. Il s’en dégage une forme de dolce vita qui flotte dans l’air. Chaque quartier possède son architecture marquée et des points d’intérêts.
Vilnius fourmille de petites curiosités qui échappent à notre premier regard. C’est une ville en même temps exigeante et accessible, puisqu’elle se visite au rythme de chacun : une journée peut suffire pour les plus pressés qui veulent voir l’essentiel (la cathédrale, la rue Pilies, l’avenue de Gediminas et Tour de Gediminas sont tous dans la même zone), trois vraies journées sont conseillées pour prendre le temps de s’y imprégner véritablement, une semaine serait l’idéal pour flâner un peu partout sans se précipiter.
La ville de Vilnius a un côté enivrant, car frisson de la découverte, mais il y a beaucoup moins ce côté dépaysant que l’on peut retrouver par exemple non loin à Kaliningrad, à Tallinn ou à Gdansk. À Vilnius, on n’est jamais vraiment perdu ou dérouté. Bien sûr on est surpris, car la capitale lituanienne est surprenante à chaque coin de rue, mais on n’est pas dépaysé.
Vilnius est une ville multiculturelle, mais assez peu visitée des touristes d’Europe de l’Ouest. Dans les rues, il y avait beaucoup de locaux. Les touristes eux, parlaient russe, anglais ou polonais, de ce que j’ai pu reconnaitre. Contrairement à Riga ou à Tallinn, dans laquelle la majorité des touristes est concentrée dans le centre historique, les touristes à Vilnius suivent moins des sentiers balisés.
Proposer un itinéraire type n’a pas grand sens dans cette ville, tant votre expérience de Vilnius dépendra de votre sensibilité (art, architecture, musées, parcs, églises, commerces, etc.). Moi-même, si j’avais emprunté la rue de droite au lieu de la rue de gauche parfois, j’aurais sans doute écrit un article radicalement différent.
C’est une destination épargnée par le tourisme de masse, et qui d’ailleurs ne s’y prête pas du tout. Je ne vois aucun artifice particulier pour la marketer ou la rendre plus sexy aux yeux des touristes. Pour autant, je vous assure qu’elle vaut le déplacement.

Si j’étais resté un jour supplémentaire, j’aurais continué à flâner dans la ville à la recherche des quelques bonnes adresses du centre-ville ou des restaurants de la vieille ville. Sinon, je serais allé voir le musée du national des victimes du génocide situé sur l’avenue Gediminas. Musée que l’on dit glaçant mais extrêmement bien fait, qui prend place dans les anciennes prisons du KGB et qui retrace les nombreuses horreurs commises par le régime stalinien en Lituanie. Frissons garantis !
Je serais peut-être aussi allé visiter les autres églises du centre-ville, que j’ai seulement aperçu de loin, comme l'église Notre-Dame du Signe, l’église Saint-Jacques-et-Saint-Philippe ou l’église Sainte-Catherine.
À une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Vilnius se trouve le monument le plus connu du pays, le château de Trakai. Edifice majestueux en briques rouges, ce château médiéval est construit sur une petite ile au milieu du lac Galvé.
Lieu touristique numéro un de Lituanie, vous risquez d’y retrouver du monde. Trakai est une petite ville de 5000 habitants, ancienne capitale du pays et résidence royale, qui accueille parfois plus de 20 000 personnes les jours les plus fréquentés.

Pour vous y rendre, plusieurs solutions (train, bus ou VTC).
Sinon, à une grosse heure de Vilnius en train comme en voiture se trouve la deuxième ville du pays, Kaunas. L’aller-retour en une journée se fait facilement. Kaunas est réputée pour sa vieille ville pleine de charme, pour son fort utilisé par les Nazis pendant la guerre pour leurs exécutions (le Neuvième fort, désormais un musée et un haut lieu d’Histoire) et pour son château.
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